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Le monocoque "Jeunes Dirigeants" est à Saint Malo   

Heureux qui comme Pierre-Yves Guennec va faire un long voyage… Arrivé hier après-midi à Saint Malo au terme d’un convoyage sans encombre à bord de son long monocoque de 55 pieds « Jeunes Dirigeants », le navigateur-steward affiche la sérénité d’un homme à la conscience apaisée par la certitude d’avoir, depuis près de 4 ans, réalisé tout ce qui était en son pouvoir pour aligner, dimanche 29 octobre au départ de la 8ème Route du Rhum, un bateau-projet au plus haut niveau de préparation possible.

Le Lorientais natif de Port-Louis est donc à Saint-Malo et attend le coup de canon fatidique sans impatience. Le regard amusé qu’il jette sur l’effervescence croissante des bassins de la Cité corsaire brille déjà de la lumière si personnelle aux hommes qui vont en mer…
Certes, il reste encore beaucoup à faire à bord de « Jeunes Dirigeants », le long cigare tout alu construit grâce aux volontés pluridisciplinaires de ses partenaires. « Une goutte d’eau au regard des miracles déjà accomplis » sourit Pierre-Yves, tout à la satisfaction d’être 4 ans après l’extraordinaire aventure de 2002 à bord d’un minuscule trimaran de 40 pieds, de nouveau à pied d’œuvre au sein de la flotte des postulants à la Route du Rhum-la Banque Postale. Avitaillement, matelotages divers, mises au point météos, informatique… Guennec accorde à chaque chose le temps et la place qu’elle mérite dans l’espace temporel en voie de réduction qui le sépare du moment tant attendu où seul, enfin seul, il regardera droit dans les yeux cet Atlantique magique et redouté.

Un bateau sain et solide…
Pierre-Yves Guennec : « Je suis ravi du comportement du bateau. Nous avons, conformément à notre projet qui s’inscrit sur le long terme, construit un voilier stable et solide. Son comportement aux allures portantes est très intéressant dans la perspective d’une course d’alizés comme le Rhum… ». Un dernier jeu de voiles d’avant commandé en tout dernier ressort chez Allard à Lorient a doté le plan Fauroux des ultimes armes propices à affronter les premiers jours de course ; « Nos amis du CJD nous ont permis d’acquérir un génois et une trinquette tout carbone » précise Guennec. « Nous sommes dorénavant paré à appréhender au mieux toutes les situations météos possibles…. »
Cette Route du Rhum, Guennec la pense, la vit depuis 4 ans. Il est à présent entré dans cette dernière phase d’avant départ si particulière à gérer humainement et psychologiquement, quand l’appel du large se fait de plus en plus insistant alors que les sollicitations des terriens montrent un empressement de plus en plus palpable. « Je rentre doucement dans ma coquille de noix » avoue Pierre-Yves, « Je traite à coup d’homéopathie les bouffées de stress et relativise maintenant toutes choses. Bientôt, très bientôt, seul en mer, le quotidien de la vie et toutes les contraintes terrestres auront pris une importance plus relative… »